Région de Kédougou

245 288 Habitants (2023)
0,4 % PIB National
16 800 km² Superficie

Présentation Générale

Créée en 2008 après avoir été détachée de Tambacounda, la région de Kédougou est la plus méridionale du Sénégal. Elle est frontalière avec le Mali, la Guinée et la Gambie, et se distingue par ses reliefs (les montagnes Bassari), sa végétation dense et ses zones écologiques protégées comme le nord du parc National du Niokolo‑Koba et le Bassari Country, reconnu par l’UNESCO.

Riche en biodiversité, en eau (fleuve Gambie) et en potentialités touristiques, la région reste néanmoins peu peuplée et enclavée, avec des infrastructures limitées. L’orpaillage artisanal, l’agriculture familiale et le tourisme écologique représentent les principales activités économiques, soulignant un besoin fort de structuration et d’investissements ciblés.

Points Clés

  • Paysages de collines et forêts tropicales (Bassari Country)
  • Orpaillage artisanal et tensions sociales autour des mines
  • Écotourisme présent (cascade de Dindéfelo, Niokolo‑Koba)
  • Enclavement & faibles réseaux routiers
  • Diversité ethnique (Bassari, Bedik, Malinké, Peul)
Vue panoramique de Kédougou

Économie

Mines artisanales et orpaillage

L’exploitation d’or de petite échelle est répandue, générant revenus et conflits environnementaux.

  • Sites d’orpaillage à Saraya, Salémata et Bandafassi
  • Activité souvent informelle et peu réglementée
  • Tensions autour de l’eau et de la sécurité

Agriculture familiale pluviale

Les cultures vivrières dominent, sans mécanisation ni accès au financement.

  • Mil, maïs, ignames, niébé cultivés en jardins familiaux
  • Potentiel limité par l’absence d’irrigation
  • Dépendance aux saisons de pluie

Tourisme écologique en émergence

Le tourisme vert se développe lentement autour des ressources naturelles et culturelles.

  • Cascade de Dindéfelo, Bassari Country, Niokolo‑Koba
  • Village‑campements pour visiteurs
  • Faible structuration et promotion du secteur

Infrastructures et Transports

Réseau routier limité et enclavement

Les routes nationales (N7) mènent à Kédougou, mais les liaisons internes sont souvent impraticables en saison humide.

  • N7 connecte à Tambacounda et Mali
  • Routes secondaires peu entretenues
  • Isolément de nombreuses communes rurales

Ponts transfrontaliers récents

Des ponts sur la Falémé et le Gambie facilitent les échanges avec la Guinée et le Mali.

  • Pont routier vers Mali à Saraya
  • Franchissements saisonniers sur rivières secondaires
  • Transports informels utilisés fréquemment

Aéroport régional modeste

Un aérodrome proche de Kédougou permet des vols légers, avec un usage parfois lié au tourisme et à l’administration.

  • Piste non bitumée, usage limité
  • Proximité du parc et cascade facilitant l’accès
  • Pas de service commercial régulier

Agriculture et Ressources

Cultures vivrières traditionnelles

Les jardins de case fournissent subsistance et revenus marginaux, sans structuration.

  • Cultures pluviales diversifiées (mil, maïs, ignames)
  • Jardinage familial autour de Kédougou
  • Absence d’intrants optimisant les rendements

Forêts, eau douce et biodiversité

La région est dotée d’écosystèmes variés propices aux produits forestiers non ligneux.

  • Bassins forestiers autour de Bandafassi, Dindéfelo
  • Miel, fruits, plantes médicinales récoltés localement
  • Risques de surexploitation en l’absence d’encadrement

Ressources minières artisanales

Au-delà de l’or, la région abriterait des gisements potentiels de minerais à exploiter.

  • Activité d’orpaillage intense
  • Présence de fer et autres minerais non exploités
  • Enjeux environnementaux et de conflits territoriaux

Tourisme et Culture

Patrimoine naturel exceptionnel

Sites de montagne, chutes d’eau et paysages forestiers font partie des atouts écotouristiques.

  • Cascade de Dindéfelo, Ballade Bassari Country
  • Entrée nord du parc Niokolo‑Koba
  • Tourisme de nature en émergence

Culture Bassari, Bedik et Malinké

Groupes ethniques distincts, avec traditions orales, rituels initiatiques et arts vivants.

  • Danses rituelles, contes, masques, artisanat
  • Cérémonies traditionnelles liées à la terre
  • Artisans locaux valorisant l’artisanat typique

Tourism culturelle et communautaire

Quelques initiatives locales visent à développer un tourisme respectueux des populations et de l’environnement.

  • Écotours avec guides villageois
  • Petits camps et hébergements communautaires
  • Faible structuration de l’offre touristique

Enjeux et Priorités

Urgent

Dégradation environnementale due à l’orpaillage

L’extraction non réglementée menace les ressources en eau, la santé et les sols.

  • Pollution des rivières et forêts
  • Conflits liés à l’accès à la terre et à l’eau
  • Reconnaissance sociale vs régulation déficiente
Important

Enclavement et fragilité des transports

L’isolement compromet l’accès aux services, aux marchés agricoles et au tourisme.

  • Routes secondaires impraticables
  • Peu de services de transport collectif
  • Difficulté à acheminer les produits et visiteurs
Modéré

Vulnérabilité des moyens de subsistance

L’agriculture familiale reste dépendante de la pluie, sans diversification réelle.

  • Revenus saisonniers très fluctuants
  • Absence de mécanisation et d’irrigation
  • Manque d’organisation des producteurs
Stratégique

Valorisation de l’écotourisme et des écosystèmes

Le potentiel naturel offre une base pour un développement durable et inclusif.

  • Bassari Country, Dindéfelo, Niokolo‑Koba
  • Richesse culturelle à valoriser
  • Besoin de promotion et d’infrastructures adaptées

Priorités de Développement 2024-2030

2024–2026

Réglementation des mines artisanales et restauration écologique

Encadrer l’orpaillage, remédier à la pollution, restaurer les sols et encadrer les communautés.

2025–2028

Désenclavement et améliorations des infrastructures

Réhabiliter les routes, ponts et accès aux villages, faciliter les liaisons touristiques et économiques.

2026–2030

Mise en valeur du tourisme écologique et culturel

Renforcer l’offre d’hébergement, structurer les circuits, former les guides locaux et promouvoir la région à l’international.

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