Région de Matam

831 629 Habitants (2023)
1,5 % PIB National
29 445 km² Superficie

Présentation Générale

À l’extrême nord-est du Sénégal, la région de Matam longe le fleuve Sénégal sur plusieurs centaines de kilomètres. Créée en 2002 par découpage administratif, elle reste l’une des régions les plus enclavées et rurales du pays. Son paysage est marqué par le contraste entre la vallée fertile du fleuve et les zones sahéliennes plus arides à l’intérieur. Territoire de forte émigration, Matam connaît un exode rural important, contrebalancé par les transferts de la diaspora et les initiatives locales de développement.

Malgré ses défis, Matam détient un potentiel réel, notamment dans l’agriculture irriguée, l’élevage, l’exploitation des ressources minières (or, phosphate) et l’énergie solaire. Sa population, majoritairement peule et toucouleur, conserve une forte cohésion sociale, fondée sur des traditions pastorales, religieuses et familiales très vivantes. Entre sécheresse, initiatives de résilience et ouverture progressive, Matam cherche à s’ancrer durablement dans le développement national.

Points Clés

  • Vallée agricole le long du fleuve Sénégal
  • Région d’élevage extensif
  • Ressources minières sous-exploitées
  • Culture peule et religiosité forte
  • Enclavement et vulnérabilité climatique
Vue panoramique de Matam

Économie

Agriculture irriguée et vivrière

Matam bénéficie des aménagements hydro-agricoles de la SAED le long du fleuve Sénégal, qui permettent le développement de cultures de contre-saison.

  • Riz, maïs, oignon, gombo cultivés en vallée
  • Exploitations familiales et coopératives rurales
  • Dépendance à la disponibilité en eau et aux intrants

Élevage pastoral et transhumant

L’intérieur de la région est une zone de forte activité pastorale, avec des déplacements saisonniers de troupeaux entre le Sénégal, la Mauritanie et le Ferlo.

  • Bovins, ovins, caprins élevés en mode extensif
  • Transhumance transfrontalière structurée
  • Insuffisance de points d’eau et d’encadrement vétérinaire

Mines artisanales et potentiel extractif

La région possède des ressources minières (or, phosphate) encore peu exploitées de façon industrielle, mais sources de revenus locaux.

  • Sites d’orpaillage à Kanel et Matam
  • Gisements de phosphate dans la zone de Ndendory
  • Manque d’infrastructures pour la transformation locale

Infrastructures et Transports

Réseau routier structuré autour de la vallée

La route nationale N2 longe le fleuve Sénégal et dessert les principales localités de la région, facilitant les échanges locaux et transfrontaliers.

  • RN2 : axe Podor – Matam – Bakel
  • Routes secondaires vers Ouro Sogui, Kanel, Ranérou
  • Difficultés d’accès aux zones rurales éloignées

Ponts et accès transfrontaliers

Des ponts ont été construits ou réhabilités pour améliorer la mobilité et le commerce avec la Mauritanie voisine.

  • Ponts sur les bras du fleuve (Wending, Dembakané)
  • Points de passage vers Ould Yengé et Sélibaby
  • Échanges commerciaux informels et transfrontaliers

Infrastructures de transport limitées

La région ne dispose pas d’un aéroport fonctionnel ni de connexion ferroviaire ; les liaisons interrégionales reposent essentiellement sur la route.

  • Transport routier interurbain (bus, véhicules particuliers)
  • Manque de gares modernes et d’aires de repos
  • Accessibilité limitée pendant la saison des pluies

Agriculture et Ressources

Agriculture irriguée dans la vallée

Grâce au fleuve Sénégal, la région dispose de terres aménagées par la SAED qui permettent une production agricole de contre-saison.

  • Cultures de riz, maïs, légumes (oignon, tomate, gombo)
  • Périmètres irrigués communautaires ou privés
  • Dépendance à l’irrigation et aux intrants agricoles

Élevage extensif et pastoralisme

Dans les zones sahéliennes, l’élevage constitue l’activité principale, fondée sur des systèmes traditionnels de transhumance.

  • Bovins, ovins, caprins élevés en mode libre
  • Déplacement vers le Ferlo et la Mauritanie en saison sèche
  • Accès limité aux points d’eau et aux services vétérinaires

Ressources minières et naturelles

Matam abrite des gisements prometteurs d’or et de phosphate, ainsi que des ressources naturelles utilisées localement.

  • Orpaillage artisanal dans plusieurs zones
  • Phosphate exploitable dans la zone de Ndendory
  • Exploitation locale du sel, du sable et de l’argile

Tourisme et Culture

Patrimoine religieux et confrérique

Matam est une terre d’islam très pratiquant, avec de nombreuses écoles coraniques (daaras) et foyers religieux influents.

  • Centres islamiques à Ourossogui, Matam, Kanel
  • Grandes familles maraboutiques toucouleurs et peules
  • Pèlerinages locaux et fêtes religieuses fortement suivis

Culture peule et toucouleur

Les traditions pastorales et familiales restent très vivantes, notamment à travers la musique, les danses, la poésie et l’art de l’oralité.

  • Cérémonies traditionnelles (mariages, baptêmes, luttes)
  • Griots, balafon, flûte peule, contes
  • Artisanat du cuir, du tissu et des bijoux

Tourisme fluvial et de découverte

Le fleuve Sénégal offre un potentiel pour le tourisme local et l’écotourisme, bien que peu structuré à ce jour.

  • Balades en pirogue dans les villages de vallée
  • Sites naturels (bras du fleuve, zones humides)
  • Absence d’infrastructures touristiques modernes

Enjeux et Priorités

Urgent

Vulnérabilité climatique et insécurité alimentaire

La région est fortement exposée à la sécheresse, à la désertification et à la variabilité des pluies, ce qui menace les moyens d’existence.

  • Baisse des rendements agricoles
  • Insécurité alimentaire dans les zones rurales
  • Pression sur les ressources en eau et en pâturages
Important

Enclavement et faible attractivité économique

L’éloignement des grands centres et le manque d’infrastructures freinent l’investissement et l’accès aux services de base.

  • Transports coûteux et longs vers Dakar ou Saint-Louis
  • Faible présence industrielle ou tertiaire
  • Dépendance aux transferts des migrants
Modéré

Sous-exploitation des ressources minières

Malgré un sous-sol riche, les ressources comme l’or ou le phosphate sont exploitées de manière artisanale, sans structuration durable.

  • Activités minières informelles non encadrées
  • Absence de transformation locale
  • Risques environnementaux non maîtrisés
Stratégique

Stabilisation agropastorale et résilience locale

Avec l’appui des projets hydro-agricoles, la région peut devenir un pôle de production durable et de sécurité alimentaire pour le pays.

  • Renforcement des périmètres irrigués
  • Structuration des filières agricoles et pastorales
  • Intégration au marché national par la valorisation locale

Priorités de Développement 2024-2030

2024–2026

Sécurisation des moyens d’existence face au climat

Mettre en place des programmes d’irrigation, de stockage et d’appui à l’élevage pour renforcer la résilience des ménages ruraux.

2025–2028

Désenclavement territorial et infrastructures de base

Investir dans le réseau routier secondaire, les ponts, les forages et les services sociaux pour améliorer l’accès aux zones isolées.

2026–2030

Valorisation durable des ressources agricoles et minières

Développer des unités de transformation, encadrer les filières minières locales et favoriser l’économie circulaire et communautaire.

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