Région de Tambacounda
Présentation Générale
Située à l’est du Sénégal, la région de Tambacounda est la plus vaste du pays, représentant à elle seule près d’un tiers du territoire national. Elle forme un pont entre le Sénégal occidental et ses voisins orientaux (Mali, Guinée), traversée par de grands axes routiers et ferroviaires. Malgré sa position stratégique, Tambacounda reste une région peu densément peuplée, au développement encore freiné par l’isolement, la pauvreté rurale et le manque d’infrastructures.
Territoire de savane, de forêts et de réserves naturelles, Tambacounda est aussi une terre d’agriculture, de pastoralisme et de traditions culturelles riches. Le parc national du Niokolo-Koba, patrimoine mondial de l’UNESCO, témoigne de la richesse de sa biodiversité. Tandis que les jeunes rêvent d’émancipation économique, la région cherche aujourd’hui à conjuguer préservation de ses ressources et insertion dans les dynamiques nationales et sous-régionales.
Points Clés
- Plus vaste région du Sénégal
- Vocation agro-pastorale dominante
- Axe stratégique Dakar–Bamako
- Réserve de biodiversité nationale
- Région de carrefour culturel
Économie
Agriculture extensive et vivrière
L’agriculture constitue la principale activité économique, fondée sur des cultures pluviales peu mécanisées et soumises aux aléas climatiques.
- Cultures principales : mil, maïs, sorgho, arachide, coton
- Agriculture de subsistance, pratiquée à la houe
- Faible accès aux intrants, équipements et crédits agricoles
Élevage mobile et transhumant
L’élevage est très répandu, notamment dans le département de Goudiry, avec des pratiques extensives et une transhumance vers le sud.
- Bétail : bovins, ovins, caprins
- Déplacements saisonniers vers la Casamance ou le Mali
- Faible encadrement vétérinaire et sanitaire
Corridor de transport sous-exploité
La région, traversée par la RN1 et la voie ferrée Dakar–Bamako, pourrait jouer un rôle logistique majeur, mais les infrastructures restent vieillissantes.
- Axe commercial stratégique Dakar–Tambacounda–Mali
- Trafic routier de camions internationaux
- Projet de réhabilitation du chemin de fer
Infrastructures et Transports
Route nationale N1
La RN1 traverse Tambacounda d’ouest en est, reliant Dakar à Kidira, à la frontière malienne, constituant un axe majeur de circulation.
- Voie principale pour les échanges Sénégal–Mali
- Trafic intense de camions, notamment à Goudiry et Bakel
- État parfois dégradé, avec des tronçons à réhabiliter
Voie ferroviaire Dakar–Bamako
La ligne ferroviaire historique passe par Tambacounda, mais son activité est quasi arrêtée depuis plusieurs années.
- Anciennes gares à Tambacounda et Kidira
- Potentiel de relance économique et logistique
- Projets en discussion dans le cadre du corridor Dakar–Bamako
Aéroport régional de Tambacounda
L’aéroport assure une liaison intérieure avec Dakar, mais reste sous-utilisé en raison du coût et du manque de desserte régulière.
- Vols ponctuels opérés par Air Sénégal
- Infrastructures basiques mais fonctionnelles
- Faible impact économique à ce jour
Agriculture et Ressources
Cultures vivrières et de rente
La région est un bassin agricole majeur, mais les cultures restent essentiellement pluviales et extensives, avec un faible rendement.
- Mil, maïs, sorgho pour la consommation locale
- Arachide et coton pour la vente
- Vulnérabilité face aux sécheresses et au changement climatique
Ressources forestières en pression
Les forêts de Tambacounda, longtemps riches, sont menacées par l’exploitation incontrôlée du bois et la déforestation liée à l’agriculture.
- Exploitation artisanale du bois (chauffage, charbon)
- Conflits autour de la coupe illégale et du trafic de bois
- Besoin de reboisement et de gestion durable
Produits naturels et filières émergentes
Outre l’agriculture, des ressources alternatives comme le miel, le karité et la gomme arabique offrent un potentiel de diversification.
- Apiculture traditionnelle en expansion
- Cueillette de produits forestiers non ligneux
- Faible structuration des filières de transformation
Tourisme et Culture
Parc national du Niokolo-Koba
Classé patrimoine mondial de l’UNESCO, ce parc est l’un des plus grands d’Afrique de l’Ouest, abritant une faune exceptionnelle.
- Éléphants, lions, antilopes, chimpanzés, oiseaux rares
- Circuits écotouristiques encadrés
- Défis de conservation et d’accessibilité
Traditions culturelles riches et vivantes
Tambacounda est un carrefour culturel où cohabitent griots, musiciens, forgerons et peuples à fortes traditions orales comme les bassaris et les peuls.
- Musique traditionnelle (balafon, kora, sabar)
- Artisanat du cuir, du tissu, du métal
- Cérémonies et festivals locaux (initiations, luttes)
Tourisme rural et naturel en développement
Le territoire offre un potentiel de tourisme communautaire, entre savanes, villages peuls, et forêts sacrées, encore peu exploité.
- Hébergements villageois en zones rurales
- Observation de la nature et des modes de vie pastoraux
- Manque d’infrastructures et de promotion touristique
Enjeux et Priorités
Pauvreté rurale et insécurité alimentaire
Malgré ses ressources foncières, Tambacounda reste l’une des régions les plus pauvres du Sénégal, avec une forte dépendance à l’agriculture de subsistance.
- Revenus agricoles faibles et instables
- Accès limité aux services de base (santé, éducation, eau)
- Malnutrition chronique dans certaines zones
Déforestation et dégradation des sols
L’exploitation excessive des ressources naturelles menace l’équilibre écologique de la région et la durabilité des activités rurales.
- Coupes illégales de bois et feux de brousse fréquents
- Érosion et perte de fertilité des sols
- Faible sensibilisation à la gestion durable
Sous-valorisation du potentiel touristique
Le parc du Niokolo-Koba et les traditions culturelles restent sous-exploités faute d’infrastructures et de politiques d’attractivité adaptées.
- Manque de promotion ciblée
- Difficultés d’accès aux sites touristiques
- Absence de circuits organisés dans les zones rurales
Intégration régionale et rôle logistique
Tambacounda peut devenir un hub de transit et d’échanges sous-régionaux entre le Sénégal et le Mali, si ses infrastructures sont modernisées.
- Position sur le corridor Dakar–Bamako
- Réhabilitation du chemin de fer et des routes secondaires
- Potentiel de développement des échanges commerciaux
Priorités de Développement 2024-2030
Lutte contre la pauvreté rurale et renforcement agricole
Soutenir les producteurs à travers l’accès aux intrants, la formation, la mécanisation et l’amélioration des circuits de commercialisation.
Protection des ressources naturelles et reboisement
Mettre en œuvre des programmes de reforestation, de gestion communautaire des forêts et de lutte contre la coupe illégale.
Valorisation du corridor économique Dakar–Bamako
Moderniser les infrastructures routières et ferroviaires pour faire de Tambacounda un pôle logistique régional et attractif pour les investissements.