Région de Ziguinchor

617 568 Habitants
1,5% PIB National
7 329 km² Superficie

Présentation Générale

Située à l’extrême sud du Sénégal, la région de Ziguinchor est le cœur de la Casamance, une zone à l’identité forte, riche de sa diversité ethnique, culturelle et écologique. Isolée du reste du pays par la Gambie, elle a longtemps souffert d’un enclavement relatif, mais aussi d’un conflit politico-militaire latent qui a freiné son développement malgré ses atouts naturels remarquables.

Aujourd’hui, Ziguinchor se relève et s’affirme comme un territoire d’avenir, porté par l’agriculture, le tourisme, l’économie verte et une jeunesse engagée. Des mangroves aux rizières, des villages animés aux plages tranquilles, la région combine tradition et dynamisme, et reste l’un des territoires les plus attachants et singuliers du Sénégal.

Points Clés

  • Cœur de la Casamance naturelle
  • Région enclavée mais en reconnection
  • Terre agricole par excellence
  • Résilience post-conflit
  • Destination touristique alternative
Vue panoramique de Dakar

Économie

Agriculture familiale et vivrière

L’économie de Ziguinchor repose majoritairement sur une agriculture pluviale et familiale, très diversifiée mais encore peu mécanisée.

  • Cultures principales : riz, anacarde, maïs, mangue, légumes
  • Production orientée vers l’autoconsommation et les marchés locaux
  • Faible accès aux infrastructures de transformation et de stockage

Filière anacarde en développement

La culture de la noix de cajou (anacarde) s’impose comme une opportunité économique majeure pour l’exportation et la transformation locale.

  • Augmentation des surfaces cultivées
  • Naissance d’unités de transformation locales
  • Marchés d’exportation vers l’Inde, le Vietnam et l’Europe

Économie touristique et artisanale

Ziguinchor développe un tourisme alternatif fondé sur la nature, la culture et l’artisanat local, avec des retombées directes pour les populations.

  • Hôtels, écolodges et circuits en pirogue dans les îles
  • Artisanat du bois, du textile, de la vannerie
  • Valorisation de la culture Diola et des fêtes traditionnelles

Infrastructures et Transports

Transport fluvial et maritime

La liaison maritime Dakar–Ziguinchor via le bateau Aline Sitoé Diatta joue un rôle essentiel pour désenclaver la région.

  • Bateau reliant Dakar à Ziguinchor via Carabane
  • Transport de passagers et de marchandises
  • Alternative fiable aux routes traversant la Gambie

Réseau routier en amélioration

La route nationale N4, principale voie d’accès, traverse la Gambie, rendant les transports dépendants du contexte transfrontalier.

  • Réhabilitation de la RN4 et ponts frontaliers
  • Projets de contournement via le pont de Farafenni
  • Voies secondaires souvent dégradées en saison des pluies

Aéroport de Ziguinchor

L’aéroport régional assure des liaisons régulières avec Dakar, facilitant les échanges commerciaux et touristiques.

  • Vols commerciaux réguliers (Air Sénégal)
  • Atout logistique pour le fret léger
  • Infrastructures modestes mais fonctionnelles

Agriculture et Ressources

Riziculture en bas-fonds et mangroves

La culture du riz est centrale en Casamance, pratiquée selon des techniques traditionnelles en zones humides, avec un potentiel d’extension considérable.

  • Riziculture en rizières pluviales et aménagées
  • Techniques traditionnelles Diola (digues, casiers)
  • Défis liés à l’enclavement et à la salinisation

Arboriculture fruitière

La région bénéficie d’un climat propice à la culture de fruits tropicaux, souvent sous-exploités en termes de transformation.

  • Mangues, oranges, goyaves, papayes, noix de coco
  • Production à forte valeur ajoutée mais mal structurée
  • Opportunité pour la transformation artisanale et l’export

Forêts, miel et ressources naturelles

Les forêts de la Casamance offrent des ressources variées : bois, plantes médicinales, miel, mais subissent une pression croissante.

  • Apiculture traditionnelle en expansion
  • Exploitation contrôlée du bois (chauffage, menuiserie)
  • Potentiel de filières durables en agroforesterie

Tourisme et Culture

Écotourisme en Casamance verte

Ziguinchor attire un tourisme de nature, loin du tourisme de masse, avec ses bolongs, mangroves et îles paisibles.

  • Balades en pirogue dans les bolongs (Oussouye, Elinkine)
  • Écolodges et tourisme communautaire
  • Observation de la faune, des oiseaux et paysages préservés

Culture Diola vivante

La culture Diola est omniprésente dans la région, avec ses traditions agricoles, spirituelles et festives profondément ancrées.

  • Initiation, culte des bois sacrés, architecture en banco
  • Danses, masques et cérémonies rituelles
  • Transmission orale et fierté identitaire

Fêtes et artisanat régional

Ziguinchor valorise un artisanat riche (bois, vannerie, textiles) et des fêtes traditionnelles qui attirent visiteurs et diaspora.

  • Festival Kay Fecc, Carnaval, Kankourang
  • Objets artisanaux vendus localement et à l’export
  • Savoir-faire transmis de génération en génération

Enjeux et Priorités

Urgent

Dégradation des terres et salinisation

L’intrusion saline dans les rizières et la déforestation menacent directement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance.

  • Baisse de la fertilité des bas-fonds
  • Disparition de certaines espèces végétales
  • Recul de la riziculture traditionnelle
Important

Désenclavement et mobilité régionale

L’accès à Ziguinchor reste complexe, ce qui freine le développement économique, l’investissement et l’intégration nationale.

  • Dépendance vis-à-vis du passage par la Gambie
  • Routes secondaires difficilement praticables en saison des pluies
  • Sous-exploitation du transport fluvial et aérien
Modéré

Faible structuration des filières agricoles

Malgré un fort potentiel, les productions locales (anacarde, fruits, riz) peinent à intégrer des circuits organisés et rémunérateurs.

  • Manque d’unités de transformation locales
  • Faible accès au financement rural
  • Faibles débouchés vers l’export ou l’industrie
Stratégique

Consolidation de la paix et du développement inclusif

Le retour progressif à la stabilité doit s’accompagner d’un développement territorial équitable, participatif et apaisé.

  • Emploi des jeunes dans les zones rurales
  • Réduction des inégalités territoriales
  • Valorisation des savoirs locaux dans les politiques publiques

Priorités de Développement 2024-2030

2024–2026

Réhabilitation des terres et adaptation aux effets du sel

Mettre en œuvre des projets de gestion durable des ressources naturelles pour restaurer les rizières et préserver les écosystèmes.

2025–2028

Désenclavement durable et connectivité régionale

Renforcer les infrastructures routières, fluviales et aériennes pour relier Ziguinchor au reste du pays et aux marchés sous-régionaux.

2026–2030

Structuration des filières agricoles et écotouristiques

Développer les chaînes de valeur autour de l’anacarde, du riz, des fruits tropicaux et du tourisme communautaire pour stimuler l’économie locale.

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