L'Élevage au Sénégal

Entre tradition pastorale, savoir-faire rural et défis climatiques, l’élevage sénégalais se réinvente pour nourrir, structurer et faire vivre tout un pays

Explorer le rôle stratégique de l’élevage

L’élevage, pilier de l’économie sénégalaise

Bien plus qu’un secteur agricole, l’élevage structure les territoires, soutient l’emploi rural et contribue à la sécurité alimentaire nationale.

Contribution économique

  • 4,2 % du PIB national (hors aviculture)
  • 30 % de la population active impliquée
  • 15–20 % des exportations agricoles

Rôles socio-économiques

  • Apport alimentaire : viande, lait, œufs
  • Revenus, épargne et capitalisation familiale
  • Force de travail, fumure, traction animale

Les systèmes d’élevage au Sénégal

Le cheptel national est réparti sur l’ensemble du territoire, selon des logiques géographiques et socio-économiques variées. Quatre grands types de systèmes structurent la filière.

Répartition du cheptel (estimations récentes)

Espèce Effectif (millions) Principales zones
Bovins3,6Ferlo, zones sylvo-pastorales
Ovins6,8Partout
Caprins6,3Partout
Volailles45Périphéries urbaines
Camelins0,35Nord (zone sahélienne)

Types de systèmes d’élevage

  • Pastoral : nomade/semi-nomade (Ferlo, Nord)
  • Agropastoral : mixte agriculture-élevage (Bassin arachidier)
  • Sédentaire intensif : périurbain (Dakar, Thiès)
  • Aviculture moderne : zones urbaines

Les principales filières animales

Chaque filière joue un rôle stratégique dans l’équilibre économique et alimentaire du pays, de la viande bovine à la filière laitière en pleine structuration.

Filière bovine

  • Race Gobra (zébu sénégalais)
  • 200 millions de litres de lait/an
  • 200 000 têtes abattues/an

Filière ovine-caprine

  • Très forte demande pendant la Tabaski
  • Exportations vers pays frontaliers
  • Élevage traditionnel à fort ancrage culturel

Filière avicole

  • Production : 2 milliards d’œufs/an
  • 80 % de production traditionnelle
  • 20 % industrielle, autour des villes

Filière laitière

  • Production locale : 30 % des besoins
  • Dépendance persistante au lait en poudre
  • Appui à la transformation locale (mini-laiteries)

Enjeux et défis du secteur

Si l’élevage sénégalais dispose d’un fort potentiel, il reste confronté à des contraintes structurelles, climatiques et organisationnelles à relever pour renforcer sa résilience.

Contraintes majeures

  • Alimentation animale : manque de fourrage
  • Santé animale : PPR, fièvre aphteuse
  • Accès à l’eau en zone sahélienne
  • Commercialisation : circuits informels dominants
  • Changements climatiques : dégradation des parcours

Problématiques spécifiques

  • Conflits agriculteurs/éleveurs
  • Dépendance aux importations (génétique, aliments)
  • Faible transformation locale des produits

Politiques et initiatives gouvernementales

L’État sénégalais s’engage à structurer durablement le secteur, à travers des programmes ambitieux et des réalisations concrètes.

Programmes clés

  • PRACAS – Accélération de l’agriculture et de l’élevage
  • PRODEX – Développement de l’exportation animale
  • PNLCP – Lutte contre les péripneumonies

Réalisations récentes

  • Marchés à bétail modernes (Diamniadio)
  • Campagnes de vaccination massives
  • Appui à la transformation laitière locale

Perspectives et opportunités

Pour moderniser le secteur et améliorer sa compétitivité, le Sénégal mise sur l’innovation, la valorisation des ressources locales et la structuration territoriale.

Potentiels inexploités

  • Développement de la filière cameline
  • Valorisation des sous-produits (cuirs, peaux)
  • Exportation vers les pays du Golfe

Innovations prometteuses

  • Insémination artificielle
  • Aliments bétail à base de ressources locales
  • Assurance bétail numérique

Projets structurants

  • Relance du Ranch de Dolly
  • Zones pastorales aménagées
  • Centres d’embouche modernes

Conclusion

L’élevage au Sénégal est à la croisée des chemins : enraciné dans les traditions rurales, il doit désormais relever les défis de la modernisation et de la souveraineté alimentaire.

• Un secteur vital pour l’emploi rural et la sécurité alimentaire

• Des atouts majeurs : diversité, culture, cheptel

• Une transformation structurelle nécessaire pour répondre aux enjeux futurs

« L’élevage sénégalais incarne la force du lien entre terre, culture et autonomie nationale. »

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